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Home Publications Articles 2010 "Les 'voleurs intelligents' ou l'éthique de la créativité selon les musiciens professionnels tsiganes de Roumanie" (2010)
2010 "Les 'voleurs intelligents' ou l'éthique de la créativité selon les musiciens professionnels tsiganes de Roumanie" (2010)
Articles

Gradhiva 12, p. 81-95.

Audiovisual documents available.

Résumé

Cet article explore les conceptions éthiques sous-tendant la pratique des musiciens professionnels tsiganes en Europe de l'Est, et plus particulièrement en Roumanie. Se présentant comme « fabricants d'émotion », les musiciens attribuent fréquemment leur succès économique à des valeurs comme la « ruse » ou la « malice ». Un bon musicien devrait être un « voleur intelligent », dans ses interactions avec les autres musiciens mais aussi avec les mélodies elles-mêmes. Les virtuoses jouent avec des « ruses » et celles-ci peuvent faire l'objet de « vols » entre musiciens.

Ceux qui emploient le vocabulaire du vol ne condamnent pourtant pas ce comportement, et distinguent le vol des idées musicales de celui des biens matériels. Bien que les musiciens soient professionnels et considèrent la musique comme une activité commerciale, ils ne sont guère convaincus par l'utilité d'un système de copyright ou de « propriété intellectuelle ». Que signifie alors « voler » des ruses si personne ne les possède ? Comment cette habileté est-elle mise en rapport avec la créativité ? Quel est le modèle économique et moral de ces musiciens ? Comment interagit-il avec la notion de copyright ?

Summary

This article explores the ethical ideas that underpin the practice of professional Gypsy musicians in Eastern Europe and, more particularly, in Romania. These musicians present themselves as "creators of emotion" and frequently attribute their economic success to such values as "trickery" or "guile". A good musician should be an "intelligent thief", both in his interactions with his peers and with the melodies themselves. Virtuosi play with "trickery" and these tricks can also be "stolen" by other musicians.

People who use this vocabulary of theft do not condemn it, but distinguish between the theft of musical ideas and that of material possessions. Although they are professional musicians who consider their music to be a commercial undertaking, they remain sceptical as to usefulness of copyright or "intellectual property rights". What then does it mean to "steal" tricks if they belong to nobody? How is this thief's dexterity related to ideas of creativity? What sort of economic and moral models do these musicians hold to? And how does it relate to notions of copyright?

A description of this thematic issue of Gradhiva is available here

Documents

Voici les documents audio auxquels l'article se réfère. Vous pouvez également les retrouver sur le site de la revue

1. Narcis. "Iubirea mea", album Cântăm la valoare (Autentic music, 2009).

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Ni le livret ni les paroles ne font allusion à un quelconque « Mozart » ou à la musique de tradition classique.

2. Quelques secondes de "Ciocârlia", par Grigoraş Dinicu et son orchestre, suivies de quelques secondes de "Kalasnjikov", par Goran Bregović et son ensemble.

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Source pour Ciocârlia, par Grigoraş Dinicu : Tziganes, Paris-Berlin-Budapest : 1910-1935 Frémeaux & Associés, 2003.

Source pour Kalasnjikov par Goran Bregović : Soundtrack of Underground, Mercury, 1995.

3. Quelques secondes de "Djeli Mara", par Saban Bajramović & Mostar Sevdah Reunion, suivies de quelques secondes de "Mesecina", par Goran Bregović.

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Source pour Djeli Mara, par Saban Bajramović & Mostar Sevdah Reunion : Rough Guide to the Music of the Balkans, World Music Network, 2003.

Source pour Mesecina, par Goran Bregović : Soundtrack of Underground, Mercury, 1995.

4. Quelques secondes de "Solenzara", chanté par Régina et Bruno, suivies de quelques secondes de "In the death car", signé par Goran Bregović et chanté par Iggy Pop.

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Source pour Solenzara, par Régina et Bruno : émission Palmarès des chansons du 03/11/1966, INA (consulté le 16/09/2010).

Source pour In the death car, par Iggy Pop/Goran Bregovic : Soundtrack of Arizona Dream, Mercury, 1993.

5. 10 lambadas en 1 minute.

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Montage de Svanibor Pettan publié sur son CD-ROM Kosovo Roma, Nika/Arhefon, Slovenia, 2001. (Merci à l'auteur pour sa permission de reproduire ce document.)